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Historique

Cliquez pour agrandir l'image  D'avance, je la savais magnifique... Mais, ce soir de novembre où m'incomba pour la première fois la charge de la fermer, tel fut mon saisissement devant les immenses perspectives de notre forêt de piliers, qu'en dépit de l'heure tardive et des fatigues d'un déménagement, j'allai rechercher ma vieille maman : "Viens voir comme elle est belle, notre église ! "
La plaquette que nous vous présentons, rédigée par la plume la plus compétente, vous adresse la même invite à partager notre amour et notre admiration jamais lassés pour ce bijou d'architecture dont se sentent les gardiens responsables et les bénéficiaires privilégiés tous les paroissiens de Saint Gorgon de Varangéville : "Vous aussi, venez voir comme elle est belle notre église ! "

    François LELIEVRE Curé de Varangéville, Novembre 1969
Cliquez pour agrandir l'imageHISTOIRE
Le nom même de Varangéville fait penser à une origine gallo-romaine tardive : il est formé du latin villa et d'un nom de personne d'origine germanique. Mais aucune trouvaille archéologique n'a jamais apporté de lumière sur cette question. En 1943, il est vrai, on a fouillé, sur une petite croupe toute proche du Haut-de-Châtel, côte qui domine Varangéville, un cimetière barbare du VIIe siècle dont les tombes ne renfermaient encore aucun indice de christianisme, mais au contraire plusieurs témoignages non équivoques de paganisme.
Mais vraisemblablement cette modeste nécropole n'était que celle d'un groupe d'envahisseurs germains, alors qu'un établissement d'origine gallo-romaine, où le christianisme avait pu pénétrer plus tôt, devait exister dans la plaine, là où peut-être s'est plus tard élevée l'église. En tout cas, c'est bien la donation à l'abbaye de Gorze d'un vaste domaine rural qui fut à l'origine de l'église et de la localité elle-même.
Les conditions de cette donation ont été embellies par un beau récit de prodige, dû à la plume du bienheureux Jean de Vandières, qui composa au milieu du Xe siècle le recueil des Miracles de saint Gorgon. En 764, rapporte-t-il, saint Chrodegang, évêque de Metz et fondateur de l'abbaye de Gorze, obtint du pape Paul 1er les reliques de saint Gorgon, martyr romain. On les rapporta en Lorraine et, vers la fin d'un voyage qui avait été fertile en épisodes pittoresques, le cortège arriva un soir en un lieu appelé Varangéville. La nuit obligeant à faire halte, on suspendit le reliquaire à un buisson d'épines. Le lendemain matin, le buisson avait crû de merveilleuse façon et il fallut tout un échafaudage pour reprendre les reliques et continuer vers Gorze. On ne pouvait pas moins faire qu'élever, en l'honneur du saint, une chapelle qui commémorerait le miracle. Ainsi Jean de Vandières, écho sans doute de récits qui avaient cours dans son abbaye de Gorze, racontait-il les origines de Varangéville.
En vérité, l'évëque de Metz possédait de grands biens dans la vallée de la Meurthe, et c'est Angelram, successeur de saint Chrodegang comme évêque de Metz, qui donna à Fabbaye de Gorze le domaine de Varangéville, comme le prouve une charte de 768-769. Ce sont évidemment les moines de Gorze qui y érigèrent ensuite un lieu de culte sous le patronage de saint Gorgon, le martyr dont ils conservaient les reliques.
Un demi-siècle plus tard environ, les moines fondèrent un véritable prieuré, mais sans l'autorisation de l'évëque de Toul, dans le diocèse de qui se trouvait Varangéville. Nous conservons le texte de la lettre de l'évêque de Toul, Frothaire, à son confrère de Metz, dans laquelle il se plaint de cette installation irrégulière, aussi poli dans la forme que ferme pour le fonds (entre 823 et 849). Les moines n'en restèrent pas moins à Varangéville et leur église, comme en cent autres endroits, devint aussi l'église de la paroisse.
Mais comment leur désinvolture envers les règles canoniques n'aurait-elle pas quelque peu déteint sur les habitants ? Deux siècles après cette première affaire, une autre éclate, alors que Brun de Dabo, le futur pape Léon IX, est évéque de Toul (1026-1048). Elle sera réglée en 1057 seulement. On reprochait aux habitants de s'entêter à ne pas venir en assemblée de la paroisse, lors de la visite annuelle de l'archidiacre ; ils s'en excusaient à cause de leur dépendance de Gorze. L'archevêque de Trêves, devant qui l'affaire fut portée, délégua un de ses archidiacres, les évêques de Metz et de Verdun aidèrent à arbitrer le conflit. On constata alors que l'église de Varangéville n'avait pas été consacrée et qu'un moine quelconque s'était permis de mettre dans l'autel des reliques, que seul l'évêque aurait dû y déposer lors de la consécration. L'évêque de Toul, Udon, remit tout en ordre et consacra enfin l'église le 28 avril 1057.
Il est bien certain que l'édifice consacré en 1057 n'était plus celui du VIIIe siècle. L'abbé de Gorze était alors un personnage très actif, Henri, qui gouverna le monastère de 1055 à 1093. La tradition locale, au XVIIe siècle, lui attribuait la construction de l'église, qui en 1057 pouvait être en pleins travaux. La grosse tour qui subsiste en avant de l'église actuelle en est sans doute un reste. Ce devait être une assez vaste construction de style basilical que termina une tour porche à tribune, seule partie de l'édifice qui n'ait pas disparu.
L'abbé Henri fut à l'origine d'une autre construction. De l'autre côté de la Meurthe, il éleva une chapelle où fut déposée une relique de saint Nicolas. Cette modeste annexe de Varangéville était destinée à un développement considérable ; elle est à l'origine de la grande église et de la ville de Saint-NicoIas-de-Port. Mais quelle qu'ait été la prospérité ultérieure de cette filiale, Varangéville resta jusqu'à la Révolution paroisse-mère et même, posséda jusqu'en 1863 l'unique cimetière où reposèrent les morts des deux localités.
L'histoire du prieuré de Varangéville, pendant les siècles qui suivirent, est inconnue. Comme tant d'établissements de ce genre, il est vraisemblable qu'il se dépeupla petit à petit et que dans les derniers siècles du Moyen Age il était plus riche de biens que de moines.
A la fin du XVe siècle, une intense activité régnait tout près de là : depuis 1481 on reconstruisait sur de vastes proportions l'église de Saint-Nicolas, dont le pèlerinage connaissait une prospérité inouïe. Pouvait-on encore se contenter, à Varangéville, d'une vieille basilique romane, alors que l'église-fille prenait une telle ampleur ? On entreprit donc de construire à neuf l'édifice qui est venu jusqu'à nous.
Malheureusement, aucun document ne nous a été conservé sur les travaux de cette nouvelle église. On en place ordinairement le début en 1485, ce qui semble impossible. Les seules indications chronologiques certaines se lisent dans l'édifice lui-même, ce sont d'abord les armoiries de Jean de Lorraine, prieur de Varangéville de 1508 à 1545 qui se voient à la clef de voûte de l'abside et qui figuraient dans le vitrail du fond (détruit pendant la grande guerre) ; surmontées du chapeau de cardinal, elles ne peuvent pas être antérieures à 1518, année où Jean fut élevé à cette dignité. Un autre vitrail de l'abside, également détruit, était précisément daté de 1518, et une belle clef de voûte de la troisième travée de la nef centrale porte la date 1528. Il paraît donc certain que l'église a été construite du temps de Jean de Lorraine et en grande partie aux frais de ce célèbre mécène. L'abside était debout dès 1518 et six travées et la façade peuvent être un peu plus récentes, mais il convient de remarquer que l'édifice est très régulier, qu'il présente une très grande unité de style et qu'on ne voit nulle part trace d'une reprise des travaux. A peine remarque-t-on que le fenestrage des deux premières travées est d'un dessin différent. La construction a donc été rapide. Elle se fit sans qu'on apportât de changement important en cours d'exécution. Le seul que l'on puisse supposer est la création d'une chapelle au nord de la première travée. Logée entre deux contreforts, elle a été construite en même temps que la travée elle-même, mais il est vraisemblable qu'initialement le plan de l'église ne comportait aucune chapelle. Les deux autres que l'on voit au nord, à hauteur des cinquième et septième travées, ont été établies après l'achèvement de l'édifice, ainsi qu'une troisième, au sud de la cinquième travée, qui a disparu sans laisser de traces. Quant à la sacristie, logée à droite de l'abside, elle a dû être ajoutée en cours de travaux. Encore s'est-elle ressentie du manque de fonds ; les quatre colonnes d'angle avaient été prévues pour une voûte à liernes et tiercerons ; la simple croisée d'ogives qu'on s'est contenté de réaliser s'y raccorde maladroitement.
Si rapide qu'elle ait été, la construction resta cependant inachevée. Une tour de façade était prévue, pour laquelle on avait donné plus de force aux colonnes de la première travée qui devait la supporter et établi de puissants contreforts. Le manque de ressources, vraisemblablement, a interrompu les travaux qui ne furent jamais repris. Aussi eut-on soin, alors que la vieille église romane fut entièrement rasée, d'en conserver la tour, à quelques mètres en avant de la façade nouvelle. Elle servit de clocher jusqu'à la Révolution.
L'histoire ultérieure de l'édifice n'est plus marquée par aucun fait saillant. Le prieuré n'étant plus qu'une simple exploitation domaniale, dépourvue de toute vie religieuse régulière, ses biens furent finalement unis à ceux du chapitre primatial, érigé à Nancy en 1602. Cela ne changea rien aux destinées de l'église elle-même, désormais uniquement paroissiale et très régulièrement entretenue par les chanoines de Nancy.
A la Révolution, les biens du prieuré furent vendus à différents particuliers et l'église, attribuée à la commune, ne semble pas avoir trop souffert de la tourmente. Le XIXe siècle n'eut pas à y faire de grands travaux ; on s'intéressa alors surtout au mobilier et on remplaça par des autels néo-gothiques ceux du siècle précédent. Seule la grande guerre de 1914-1918 causa d'irréparables dégâts en détruisant les vitraux du XVIe siècle qui garnissaient encore deux fenêtres de l'abside. Des verrières modernes furent posées en 1925, puis en 1958, par les soins de l'Administration des Monuments Historiques qui, depuis 1907 veille à l'entretien du monument.
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L'église de Varangéville est une église-halle très caractéristique, de plan rectangulaire, avec seulement, à Test, la saillie d'une abside pentagonale. On y accède par le portail principal de la façade ouest et par une porte latérale ouvrant au nord dans la troisième travée.
Longue de 54 mètres intérieurement, elle est partagée par de solides piles rondes en trois nefs de huit travées, la dernière formant chœur. La nef centrale a 8 m 30 de large, celle de gauche 6 m 10, celle de droite 5 m 60. Le peu de hauteur des voûtes toutes égales (11 m) donne à l'édifice un aspect trapu, presque écrasé. Toutes sont à liernes et tiercerons, sauf dans la huitième travée du collatéral nord, où l'architecte s'est essayé à un dessin de nervures plus compliqué, avec neuf clefs de voûte.
Les nervures aux profils anguleux pénètrent partout dans les piliers sans l'intermédiaire d'un chapiteau, pas même d'une simple bague de feuillage, comme a Saint-Nicolas. Les bases des piles ont la forme bulbeuse caractéristique de l'époque flamboyante. 
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Cliquez pour agrandir l'imageLa sculpture décorative est à peu près totalement absente de l'édifice ; elle n'a trouvé à se développer que dans les seules clefs de voûte. Encore ne présentent-elles la plupart que des rosaces ou des écussons vierges. La clef principale de l'abside, la plus soignée, porte les armes du cardinal Jean de Lorraine, aux six quartiers, avec le chapeau de cardinal. Dans la cinquième travée, une petite clef de la nef principale est ornée d'une tête d'homme, tandis que dans le collatéral nord on voit un homme coiffé d'une sorte de péta se ; dans la troisième travée surtout, la clef principale représente une belle tête d'homme coiffé d'un bonnet avec la date 1528, tandis qu'aux quatre petites des anges tiennent des écus ou des banderoles. Ces médaillons à profils humains sont les timides apparitions de l'art décoratif de la Renaissance dans un édifice qui reste très gothique, malgré sa date tardive.
Les fenêtres, très régulièrement disposées, sont étroites, laissant aux murs une place importante, à la différence de tant d'édifices de cette époque, où il n'y a pour ainsi dire plus de murs entre les supports. Les remplages flamboyants sont d'un dessin très classique ; presque toutes les baies sont à deux formes, sauf dans la huitième travée, où elles sont à trois formes, comme pour compenser par un supplément de lumière l'absence de transept Dans la première et la seconde travée par contre, le fenestrage est d'un tracé Renaissance ; les deux fenêtres sud et celle de la façade sont à trois formes. Ces différences minimes indiquent peut-être un léger retard dans la construction de ces deux travées.

Les vitraux

L'église de Varangéville possédait naguère de beaux vitraux de la Renaissance ; ils ont été détruits pendant la grande guerre. Seul subsiste un petit panneau, au sommet de la fenêtre sud de la septième travée, représentant l'Ascension de Nôtre-Seigneur.
Cinq fenêtres sont actuellement garnies de vitraux historiés : fenêtres de l'abside, à gauche : la création du monde, la création de l'homme, l'expulsion du paradis, la mort d'Abel, la malédiction de Cahen, l'arche de Noé et la tour de Babel. Au centre : l'arbre de Jessé, le sacrifice d'Abraham, Moïse recevant la loi, le songe de Jacob, Joseph vendu par ses frères, Joseph expliquant le songe du pharaon, le buisson ardent. A droite : Jonas, le veau d'or, la prise de Jéricho, Samson ébranlant les colonnes du temple, Jephté immolant sa fille, le combat de David et de Goliath, le jugement de Salomon. Les vitraux de ces trois fenêtres sont l'œuvre de Pierre Chevalley, 1958.
Huitième travée, fenêtre nord : l'assomption de Notre-Dame entourée de scènes de sa vie, l'annonciation, la Visitation, la nativité du Seigneur, le calvaire, la pentecôte et le couronnement de Marie ; œuvre de Pierre Chevalley, 1958. Fenêtre sud : la légende de saint Nicolas, œuvre de Jacques Gruber, 1925.

Lumière et art

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Ancien retable du maître autel

Cliquez pour agrandir l'imageDans les niches du retable sont aujourd'hui placées trois statues : Niche du centre, Vierge à l'Enfant en pierre, (absente, a été volée) oeuvre lorraine de la première moitié du XVe siècle. Marie porte sur le bras droit l'Enfant qui veut se saisir d'une rosé que sa mère tient dans la main gauche. Niche de droite, saint Urbain, en bois, milieu du XVe siècle. Le pape est représenté assis ; il tient un livre dans la main gauche et, dans la droite, un gros épi et une grappe de raisin. Saint Urbain était invoqué par les vignerons avec saint Vincent. Niche de gauche, un saint évêque assis, en pierre, du XIVe siècle. Aucun attribut particulier ne permet de l'identifier.

Dans le choeur

Cliquez pour agrandir l'imageL'abside a été plaquée, dès le XVIIe siècle vraisemblablement, une haute clôture de pierre qui autrefois coupait le chœur. A droite et à gauche, des portes, surmontées d'une belle balustrade ajourée, donnaient accès à l'arrière chœur, tandis que la partie centrale, ornée de trois niches à dais flamboyants, formait retable derrière l'autel. Une disposition semblable était fréquente dans la région et resta en usage jusqu'au XVIIIe siècle.
Dans le pan coupé de l'abside, à gauche de cette clôture, on remarque une belle armoire eucharistique, ornée d'une ample coquille Renaissance, éclairée par un oculus et fermée par sa grille d'origine.

La Vierge au calvaire

Cliquez pour agrandir l'imagePetite statue de bois, 0 m 85, vers 1540, exprimant avec une émotion contenue la douleur de la Vierge au pied du calvaire. C'est l'œuvre d'un artiste anonyme dont les productions sont assez nombreuses dans la région de Nancy. Cette statue provient d'un calvaire du prieuré de Flavigny ; elle a été apportée à Varangéville à la Révolution.

Sépulcre

Cliquez pour agrandir l'imageDans la première chapelle de gauche, important ensemble de dix personnages de grandeur naturelle, certains même un peu plus grands, représentant très exactement la scène de l'onction du Christ avant sa mise au tombeau.
La Vierge, accablée de douleur, soutenue par saint Jean, les trois Maries, dont deux portent des vases d'aromates, Joseph d'Arimathie, portant lui aussi des parfums et Nicodème qui tient un des clous de la croix, sont debout autour du Christ gisant, dont ils s'apprêtent à faire la toilette suprême. A la tête et aux pieds du Christ, deux anges sont agenouillés et semblent prier.
Ce très bel ensemble, auquel la polychromie devait autrefois donner un caractère beaucoup plus expressif, est une œuvre d'atelier, où Ton sent des inégalités. Si le groupe de la Vierge et saint Jean est lourd et maladroit, les autres personnages au contraire sont d'une élégance maniériste très marquée. Certainement fait pour Varangéville, le sépulcre pourrait avoir été commencé dans un atelier archaïsant aux environs de 1520, alors qu'on travaillait à l'église dans laquelle on lui ménagea plus tard une chapelle.
Au-dessus du sépulcre, trois consoles Renaissance portent trois statues : à gauche, saint Longin, tenant la lance avec laquelle il vient de percer le côté du Christ, tandis qu'il porte la main gauche à son œil qu'une goutte de sang du Sauveur a, en jaillissant, guéri de cécité ; un jeune homme portant, pendu sur sa poitrine, un huchet de chasseur, et qui tenait une lance. A droite, le centurion de la crucifixion, qui proclama : "Vraiment, cet homme était fils de Dieu". Ces trois statues, plus petites que celles du sépulcre mais sorties du même atelier, doivent être les vestiges d'un grand ensemble de la crucifixion inspiré par l'iconographie des retables flamands. Contre le mur du fond, on voit encore un coq, autre débris de même provenance ; c'est le coq qui chanta après le reniement de saint Pierre. 

Vierge à l'Enfant

Cliquez pour agrandir l'imageDans la deuxième chapelle de gauche, Vierge en pierre, haute de 1m 10, de la première moitié du XIVe siècle. La Vierge est assise ; elle allaite l'Enfant Jésus porté sur son bras gauche et qui joue avec une colombe. De part et d'autre du siège, deux anges tiennent des flambeaux. Cette très bette pièce, typiquement lorraine, a été fort maltraitée vers 1840, quand un sentiment de fausse pudeur a fait gratter le sein de la Vierge.

Piéta

Cliquez pour agrandir l'imageDans la troisième chapelle de gauche, Piéta en bois, haute de 1m 30, sculpture expressive du début du XVIe siècle, caractéristique de la région lorraine.

Les encastrés

Sur le mur nord de l'église, dans le cimetière, on peut lire (en particulier à hauteur de la chapelle du sépulcre) diverses inscriptions signalant : Le chef de Marie-Anne Thomassin, Le chef de Barbe Pitoux, Le chef de Nicolas Colas, etc. Dans un cimetière autrefois très exigu et servant à deux localités importantes, Varangéville et Saint-Nicolas, les inhumations successives bouleversaient fréquemment les tombes. Les ossements étaient déposés dans trois charniers adossés à l'église, entre les contreforts. Mais certaines familles, désirant conserver l'identification des restes de leurs défunts, faisaient encastrer dans le mur, à proximité des charniers, le chef, c'est à dire le crâne, et une inscription indiquait à qui il avait appartenu. Cette coutume se retrouve ailleurs, mais elle avait pris à Varangéville une telle ampleur que la stabilité des murailles fut finalement compromise par ces innombrables trous qu'on y faisait. A diverses reprises cette pratique fut interdite ; elle disparut progressivement au cours du XVIIIe siècle.
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Compléments de description architecturale

Le plan primitif de l'église ne devait pas comporter de chapelles. Deux de celles que Ton voit au nord, dans les cinquième et septième travées, ont été ajoutées après coup, mais très tôt après la construction. On l'a fait sans grande difficulté en ouvrant une large baie dans le mur de l'édifice et en occupant l'espace entre deux contreforts. Par contre, la chapelle du sépulcre a été construite en même temps que la première travée, avec beaucoup plus de soin que les précédentes. Le grand arc en anse de panier par lequel elle ouvre sur l'église est en liaison avec les deux piles engagées de la travée, et le mur de fond, bien qu'il les dépasse, est également en liaison avec les deux contreforts.
L'extérieur est d'une grande simplicité, un peu écrasé par la vaste toiture de tuiles, à faible pente, posée directement sur les murs de moellons que ne termine aucune corniche. Un larmier de pierre court tout autour de l'édifice, sous la base des fenêtres ; de puissants contreforts en pierre appareillée, terminés en talus, épaulent l'ensemble et marquent très nettement la division en travées.
Du côté nord, une porte ouvrant dans la troisième travée donne accès à l'église depuis le cimetière. Elle est encadrée d'une vigoureuse mouluration et surmontée d'un tympan où deux socles, vides aujourd'hui, supportaient autrefois les statues de saint Gorgon et de saint Christophe. Une inscription, martelée à la Révolution, y avait été gravée en 1701, interdisant d'encastrer des crânes dans les murs de l'église ; nous reparlerons de cette pratique.
Seule la façade occidentale devait recevoir un décor. Construite en pierre de taille, elle est divisée par des contreforts très saillants qui isolent, au centre, un portail peu profond, remarquable surtout par son grand tympan ajouré où est inscrite une belle rosé. Cette disposition, qui dénote une influence champenoise, était commune dans le Barrois à la fin du XVe et au début du XVIe siècle ; on la retrouve à la cathédrale de Toul et, beaucoup plus près de Varangéville, dans l'ancienne église de Dombasle, reconstruite dans les années 1510-1515 par Jean Hugo, architecte de Saint-Nicolas-de-Port. De part et d'autre du portail montent des pilastres qui vont supporter un grand fronton triangulaire d'inspiration Renaissance.
Toute cette partie de l'édifice est caractérisée par une mouluration très sèche qui lui donne une verticalité qu'aurait dû accentuer la tour prévue au-dessus de la première travée.
Le projet devait être grandiose, car pour assurer la stabilité de cette tour, non seulement on avait presque doublé le diamètre des deux premières piles de la nef, mais encore on avait soigneusement épaulé toute la première travée : à gauche, par de puissants contreforts terminés, au sommet, par un chaperon en bâtière, et à droite par deux arcs boutant qui partent de deux grosses piles isolées à quelque cinq mètres de l'église.
Inachevée, la façade de Varangéville a été de plus enlaidie au début du XIXe siècle quand on l'a coiffée d'un clocheton de charpente.

Extraits de la brochure rédigée par M. Jacques CHOUX, conservateur au Musée Lorrain.
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